C'est un coup dur de la vie qui nous a réuni. Enfin un coup dur pour lui, pasque pour moi, ça va merci.
En effet voici sa triste histoire...
Il faisait chaud ce premier dimanche de juillet et je végétais dans les bras de ma chère et tendre dans son petit appartement poitevin. La fenêtre était donc ouverte pour espérer un hypothétique filet d'air. Soudain, le bruit d'une chute d'eau me tira de ma douce torpeur. On était en train de vider une importante quantité d'eau depuis le balcon du voisin du dessus. L'apparte de ma chérie se situant au rez-de-chaussée, toute cette eau tombe juste devant sa fenêtre, dans la pelouse. Je me lève alors pour savoir qu'est-ce qu'ils étaient en train de glander (je n'avais noté aucun prémisse de départ de feu, aucune fumerolle, rien, même pas un mégot rougissant). L'eau cessa rapidement de tomber (J'ai écarté l'hypothèse d'un orage très localisé). M'appuyant sur le rebord de la fenêtre, je contemplai alors un bien triste spectacle. Deux petits poissons rouge remuaient péniblement dans l'herbe, leur bouche se déformant sans cesse, comme un bébé ayant avalé une grosse cacahuette. La scène amusait visiblement le balcon du dessus à en juger par les rires des gros bôfs qui s'y trouvaient.
C'est le genre de trucs que j'ai du mal à supporter ; comme beaucoup, je l'espère. Mais sans être un super écolo, végétalien et tout le tralala, j'ai juste un peu le respect. Ce genre de bôfs, ce sont les même qui jettent leurs paquets de clopes, leurs bouteilles en plastiques, leur frigo, et tout et n'importe quoi dans la nature. C'est bon quoi. C'est à cause de connards comme ça, mais qui sont au pouvoir, ou aux manettes de « grandes » entreprises (ce qui revient au même) qu'on en est là. Mais un geste aussi « banal » que de balancer ses poissons par-terre parce qu'on déménage et se marrer en les voyant agoniser, c'est sûr, c'est rien, ce ne sont que des poissons, élevés comme des produits, vendus par millions comme des objets, et donc traités comme tels logiquement. Mais cet acte cruel est complètement gratuit et on ne vas pas philosopher deux heures mais on peut se demander si c'est là la vrai nature de l'homme finallement. Rousseau croyait au « bon sauvage » : l'homme est bon par nature et c'est la société qui le corrompt. Mais avait-il raison ?
Bref.
Pour en finir avec Momo, j'ai enfilé mon slip rouge de BayWatch et j'ai sauté par la fenêtre. J'ai récupéré les deux ptites bêtes pendant que ma copine remplissait deux ptits sacs en platique.
Après deux heures, un seul avait survécu.
C'est un corriace. Je lui est changé deux ou trois fois l'eau et j'ai décidé de le garder. Ma copine retournait à son stage le soir même et ne pouvait pas le prendre.
J'ai donc chargé mon ptit passager en voiture en espérant qu'il tiendrait les 2h de routes qui m'attendaient.
Momo a tenu. Je ne lui ai offert qu'une toute petite maison, mais j'espère qu'il s'y plaira. J'ignore s'il va tenir très longtemps... Laissez lui toujours un message de soutient ça lui fera plaisir.
C'est dur la vie de poisson rouge.
à suivre...




